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Société Française de Médecine Nucléaire

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Société Française de Médecine Nucléaire et Imagerie Moléculaire

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Le traitement des cancers de la thyroïde par iode 131 - V. PRECAUTIONS DE RADIOPROTECTION

V. PRECAUTIONS DE RADIOPROTECTION

 

Gestion des déchets

La gestion des déchets doit être conforme à la législation en vigueur (cf. Circulaire n° DGS/SD7D/DHOS/E4/2001/323). En particulier, afin de limiter les risques infectieux liés au stockage des déchets fermentés ciblés (restes de nourriture de patients hospitalisés en chambres protégées), ces déchets "peuvent être:

  • Conservés dans un local de stockage adapté pour la décroissance radioactive et réfrigéré (chambre froide),
  • Conservés dans une armoire réfrigérée installée dans le local de stockage adapté pour la décroissance radioactive,"

 

Personnel soignant, famille et entourage du patient

1. Personnel Soignant

L'administration à visée thérapeutique d'iode 131 nécessite l'hospitalisation du patient en chambre protégée contre les rayonnements ionisants.

Le personnel soignant prenant en charge le patient lors de cette hospitalisation doit bénéficier d'une formation adaptée à la radioprotection. Celle-ci peut être dispensée par la Personne Compétente en Radioprotection de l'Etablissement. Les précautions visent surtout à:

  • Limiter les contacts avec le patient
  • Eviter les contaminations par l'usage de gants pour les soins, la manipulation des urines et le nettoyage des chambres et en particulier des toilettes.
  • Suivre les recommandations de gestion des déchets susceptibles d'être radioactifs.
    Ces précautions sont également à formuler au personnel soignant lorsque le patient a une prise en charge médicalisée en sortie d'hospitalisation de chambre radio protégée.

2. Le public et les proches

  • Une notice d'information écrite est remise au patient, conformément à l'arrêté du 21 janvier 2004 relatif à l'information des personnes exposées aux rayonnements ionisants lors d'un acte de médecine nucléaire. Un modèle de notice et un livret d'information plus détaillé) sont donnés en annexe.
  • D'une manière générale, les contacts avec le public conduisent à une exposition inférieure à 1 mSv/an. Cependant, afin de limiter l'exposition du public, il peut être conseillé au patient de limiter les contacts avec le public, en particulier les jeunes enfants et les femmes enceintes.
  • Dans quelques cas particuliers, de contacts proches et prolongés, des dépassements de la dose limite de 1 mSv peuvent être atteints. Des recommandations sont alors à formuler, tel qu'un arrêt de travail lorsque le patient a des contacts proches (de l'ordre de 1 m) et prolongés (7 h/j) toujours avec le même collègue ou de jeunes enfants, pour des activités résiduelles supérieures ou égales à 600 MBq ou des débits de dose supérieurs ou égaux à 30 µSv/h.
  • Pour les proches, des recommandations de limitations de contacts avec le conjoint et les enfants sont à formuler, leur durée d'application dépend de l'activité résiduelle d'iode 131 ou de la valeur du débit de dose à 1 m mesuré à l'aide d'un débitmètre d'exposition placé en vis à vis de la partie inférieure du sternum, en sortie d'hospitalisation.
  • L'allaitement doit être arrêté définitivement. Il peut évidemment être repris lors d'une grossesse ultérieure.

(A titre indicatif le tableau en annexe (annexe B) indique plus en détails les durées de limitation de contacts calculées, en fonction des valeurs estimées ou mesurées de l'activité résiduelle ou du débit de dose mesuré lors de la sortie du patient)


Urines, selles et prélèvements sanguins

Après l'hospitalisation en secteur protégé où les urines sont recueillies dans des cuves spéciales, les urines et les selles sont rejetées au domicile du patient dans les toilettes.

  • Si une nouvelle hospitalisation ou la poursuite de l'hospitalisation se fait en secteur normal, les garnitures, sondes urinaires, bocaux doivent être manipulés avec des gants à usage unique.
  • Les déchetteries hospitalières n'acceptant que les déchets exempts de toute trace de radioactivité, il est recommandé pour les patients hospitalisés de collecter les déchets solides (mouchoirs à jeter, couches, pansements, linge souillé par les urines, poches urinaires vides…) durant leur séjour et ceci dans les 30 jours qui suivent l'administration et de les conserver durant 80 jours aux fins de décroissance.
  • Cette recommandation est aussi valable pour les cas de patients susceptibles d'avoir des déchets solides quand ils rentrent à leur domicile car les déchetteries publiques ont aussi des seuils de radioactivité tolérée faibles.

 

Conduite à tenir en cas d'erreur de dispensation (surdosage, erreur d'identification) à un patient

En cas de surdosage et si le délai écoulé depuis l'absorption orale de la gélule thérapeutique n'excède pas une à deux heures l'administration immédiate d'un produit émétisant et le recueil des vomissements au niveau des toilettes prévues dans les chambres radio protégées sont préconisés. Dans tous les cas, un blocage de la fixation thyroïdienne selon l'un des protocoles suivants peut permettre de diminuer significativement la dose efficace:

  • Lugol 1% ("Fort": iode 1g, iodure de potassium 2 g, eau 100 ml) 3 x XV gouttes par jour pendant 5 jours dans du lait ou du jus de fruit pour atténuer l'amertume.
  • Iodure de potassium à 130 mg: une gélule par jour pendant 5 jours.

Afin d'évaluer les conséquences d'un surdosage ou d'un sous dosage liés à l'erreur de dispensation ou aux mesures rectificatives, il peut être utile de réaliser une étude des débits de dose à 1 mètre du patient dans les heures et les quelques jours qui suivent l'administration erronée.

 

Conduite à tenir pour la radioprotection en cas de décès du patient

Les précautions à prendre relèvent des mesures générales de radioprotection cherchant à limiter la proximité du corps avec une tierce personne, ainsi que l'usage de gants pour la toilette post-mortem. Mountford indique que ces recommandations sont suffisantes aussi bien lors d'une cérémonie d'enterrement ou d'une crémation lorsque l'activité résiduelle présente dans le corps est inférieure ou égale à 400 MBq.

 

Niveau de référence diagnostique

Sans objet: radiopharmaceutique à visée thérapeutique.

 

Suggestions pour la réduction de la dose absorbée par le patient

Sans objet: radiopharmaceutique à visée thérapeutique.

 

 

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