SFMN
Société Française de Médecine Nucléaire

SFMN
Société Française de Médecine Nucléaire
et Imagerie Moléculaire

SFMN
Société Française de Médecine Nucléaire
et Imagerie Moléculaire

SFMN
Société Française de Médecine Nucléaire
et Imagerie Moléculaire

Edito avril 2017

Ultime édito JPV SFMN 14 avril 2017

Cher.e.s ami.e.s, cher.e.s collègues,

Nous voici donc à quelques jours des troisièmes JFMN qui vont se tenir à Nantes, et dans le même temps de ma passation de la présidence de la SFMN à Florent Cachin, élu l'an passé.

Cela sera pour moi l'occasion, lors de mon ultime – et sixième - rapport moral, de revenir sur ces 6 ans de mandature. J'ignore bien sûr ce que l'histoire (sans H, tout de même) en retiendra, et quelle perception chacun peut en avoir ; j'ai aussi pleinement conscience de tout ce qui reste à faire, de tout ce qui aurait pu être conduit autrement, de tout ce qui n'a pas abouti… comment pourrait-il en être autrement ?

Pourtant, je laisse cette fonction passionnante,

d'abord avec une grande reconnaissance pour la confiance qui m'a été faite depuis le Colloque de Luxembourg en mai 2011, ensuite avec un sentiment d'ataraxie et de satisfaction mêlées, de confiance en l'avenir, et plein de l'optimisme que je n'ai cessé, je l'espère, de vous proposer, et d'une certaine fierté, aussi.

Le 15 mars 2012 se tenaient, au Val-De-Grâce, les Etats Généraux de la Médecine Nucléaire… En est issu notre Livre Blanc, en ligne depuis septembre 2012.

Ce Livre Blanc, qu'il faudrait d'ailleurs actualiser (refaire ?) ambitionnait de décrire notre spécialité dans ses dimensions scientifiques et pratiques, ses finalités et sa réalité, ses objectifs et ses difficultés. Il portait donc en soi ses propres sujets à critique : que vaut un constat si on s'en tient à le dresser ? Bien sûr un tel Livre Blanc n'a de sens que s'il identifie les actions à mener et sert de point d'appui pour les lancer. Qu'en a-t-il été et qu'en est-il bientôt six années plus tard ?
Reprenons ce fameux Livre Blanc : le sommaire pointait en premier lieu la formation, socle du métier, puis déclinait les points identifiés comme à la fois spécifiques et cruciaux pour notre spécialité : radiopharmacie ; physique médicale ; personnels paramédicaux ; imagerie hybride ; thérapie ; rapports avec les industriels ; rapports aux autorités sanitaires.

Qu'en est-il de ces différents points ?

La radiopharmacie : bien sûr au cœur de notre spécialité, dans la double affirmation qu'on ne fait pas plus de médecine nucléaire sans radiopharmacie, que la radiopharmacie n'a d'intérêt hors la médecine nucléaire, elle aura alimenté bien des débats et parfois des conflits, dans une ambiance souvent amphigourique et empreinte de donquichotisme, mais pour aboutir finalement à un paysage apaisé et rationnel, ce grâce à l'action de tous. En effet les plus farouches opposants finalement contribuent en obligeant à consolider les vraies évidences en éliminant les utopies. J'estime que tout concourt dorénavant à une saine optimisation des forces et des organisations pour faire face aux réels défis qui méritent qu'on les relève : les nouveaux traceurs, et l'explosion de la thérapie.

La physique médicale s'insère de mieux en mieux, et ce de façon très tangible avec la reconnaissance de la Physique Médicale comme profession de santé, issue de travaux auxquels la SFMN a contribué constamment. Une représentation réciproque de la SFMN et de la SFPM au sein de leurs instances respectives, des travaux menés en commun et une volonté réelle de renforcer les rapprochements témoignent d'une évolution à la fois réelle et positive ; les échanges parfois animés sont plutôt rassurants que négatifs, car sans eux pourrait-on penser qu'il se passe quelque chose ?

Les personnels para-médicaux : nos relations avec l'AFPPE et l'AFTMN se sont renforcées, enrichies, ainsi que notre engagement dans le Comité d'Harmonisation des Formations de MERM. La SFMN a été fort impliquée dans la réingénierie de la formation et du métier de manip, et continue de l'être… Et, dans la réalité du terrain, nombre de faits et d'actions démontrent une inter-professionnalité qui mérite d'être citée en exemple.

L'imagerie hybride : quelques polémiques, « white-paper » et débats parfois – souvent – homériques plus tard, je suis persuadé que nous en sommes sortis, et confiant dans le fait que dorénavant les objectifs, compétences et pratiques, déclinent ce magnifique enrichissement de notre spécialité, en y voyant un outil inestimable, sans dénaturer la nature et le sens fondamental de la médecine nucléaire. Je ne parlerai pas de la « biologie des traceurs », car d'une part en me lisant vous aurez évoqués ces mots avant de les voir sur le papier, et d'autre part cette notion restera sans doute comme le trait principal de mes caricaturistes, je ne voudrais pas aggraver mon cas.

La thérapie : nul besoin de s'étendre… j'ai eu la chance d'être président de la SFMN lors de la période qui aura vu ce concept s'arracher au cadre à la fois limité et pourtant si vaste de l'IRAthérapie des CDT, pour transformer l'étroitesse de quelques applications aussi exotiques que farfelues ou bizarres – du moins selon les détracteurs !, en un large champ de perspectives enfin prises au sérieux, dont le Lutathéra, le Xofigo (en dépit de ses mésaventures), et divers radioanticorps…

La médecine nucléaire thérapeutique fait gagner de la survie brute, voilà quand même de quoi se réjouir, et se motiver !
Relations avec les industriels : entre création de l'ACORAMEN et dynamique liée aux JFMN, on peut dire que le partenariat, assaini et clarifié, ne s'est jamais aussi bien porté, pour la satisfaction de toutes les parties.

Relations avec les autorités sanitaires, tutelles, agences… : sans entrer dans les détails, ce qui nécessiterait plusieurs chapitres, disons que les efforts de dialogue entrepris bien avant moi, finissent par porter leurs fruits et que grâce à notre assiduité (merci à tous ceux qui participent aux diverses rencontres), les dossiers avancent de façon constructive, dans un climat de confiance réciproque ; comme résultat, nous sommes souvent sollicités pour rédiger, amender ou simplement donner notre avis en amont des décisions et des directives. Dans de nombreux domaines, ceci a permis des avancées très positives.
Bien évidemment, tout cela ne s'est pas fait de façon déconnectée et sans politique d'ensemble. Toutes ces avancées ont été portées par des actions très concrètes, dont j'ai la grande satisfaction, en partageant la fierté de les avoir conduites avec tous leurs acteurs qu'il faut remercier, de les avoir vu aboutir :

  • la création de l'ACORAMEN bien sûr, colonne vertébrale de tout, a permis d'assoir les rapprochements avec les sociétés régionales, d'optimiser les moyens, de relancer les colloques sous forme des JFMN, de restructurer la gestion budgétaire et la comptabilité, de favoriser le fonctionnement des groupes de travail qui disposent désormais d'un budget propre, de supporter la réforme totale des relations avec les partenaires industriels, de réorganiser la Formation Continue dans la cadre changeant du DPC… Hommage soit ici rendu à la gestionnaire d'ACORAMEN Karine Jullien, magnifiquement secondée par Isabelle Janneau notre secrétaire émérite et Christophe Nioche à qui nous devons la remise à plat du site sfmn.org…
  • l'enquête unique, initiée par Gérald Bonardel et magnifiquement reprise par Olivier Couturier, puisque nous sommes maintenant en quasi-exhaustivité du recensement de nos forces, actualisé chaque année, et outil plus que précieux pour toutes les discussions avec nos différents interlocuteurs. Quelle belle satisfaction, et quelle belle avancée par rapport au livre blanc où nous écrivions (page 15) : « La SFMN et le CNP rencontrent de grandes difficultés concernant le recueil d'informations importantes pour la gestion de la spécialité à l'échelon national. En effet, la SFMN tente d'organiser chaque année une enquête qui se veut la plus exhaustive possible afin de suivre les différents indicateurs concernant les moyens humains et matériels disponibles sur le territoire national et l'activité qui en découle d'un point de vue quantitatif et qualitatif. Les modalités de recueil se font par voie de questionnaire et la SFMN se heurte à un taux de réponse extrêmement variable d'un service à l'autre et d'une région à l'autre. Il est pourtant capital de disposer d'une vision globale, la plus précise possible et actualisée… »
  • la réorganisation du fonctionnement des groupes de travail, qui en est à ses débuts mais s'avérera, j'en suis persuadé, une force majeure dans les années qui viennent
  • la reconnaissance en tant qu'ODPC, et la mise en route du DPC et d'actions à la fois concrètes et qui nous permettent de dégager des ressources financières, en lien bien entendu avec les groupes de travail et le collège ; hommage soit aussi rendu dans ce colossal ouvrage, à Bernard Lemaire et Claire Gibold, puis à François Brunotte qui aura passé beaucoup de son temps pour mettre le navire à flot ; à nous de l'y maintenir contre vents et marées.
  • la structuration et la montée en puissance du CNP, Conseil National Professionnel, de la médecine nucléaire, actuellement présidé par Olivier Mundler (Tiens, au fait, à lui aussi je rends un petit hommage assorti de très grands remerciements : c'est l'occasion de dire ce qui est pour moi évident mais certainement pas assez connu, à savoir que durant ces 6 années la fonction de président sortant n'était pas un petit boulot. Merci Olivier d'avoir été là, solide et indéfectible soutien pour assumer tout ce qui dépassait les contorsions de mon agenda !). Le CNP nous a été très utile, et le sera probablement de plus en plus, pour faire front avec le SNMN, le CEBMN et l'ANAIMEN, face à diverses interpellations et admonestations…
  • l'ouverture à la nouvelle génération, l'ANAIMEN justement. Balbutiante, mais essentielle. Cela continuera avec Florent, nul doute là-dessus, car le besoin croissant d'anticiper fait qu'il faut s'investir de plus en plus tôt si nous souhaitons maîtriser l'avenir de la spécialité…
  • il faut citer aussi notre participation à Force Imaging, qui restructure l'imagerie dans la recherche clinique, et où nous représente efficacement Emmanuel Durand.

Alors, bon an mal an, nous aurons donc traversé sans dommage diverses tempêtes et turbulences : la « crise du technétium », qui a eu lieu sans avoir lieu, la polémique déjà évoquée pour l'intervention des manips dans les labos chauds, les questions de nomenclature et de remboursements… ; d'autres avec un peu d'amertume, mais c'est partie remise : refus d'agrément de certains MRP, non remboursement du chlorure de radium 223, oscillations des recommandations pour l'imagerie cardiologique… ; et nous aurons abordé sans dommage les défis de demain : nouveaux traceurs en particulier TEP, montée du théranostic, succès de la RIV déjà évoqué, révision de textes essentiels avec l'ASN, la HAS, la DGOS et la DGS – pour beaucoup en cours au moment où j'écris ces lignes, d'autres achevées de façon positive, comme les nouveaux critères d'autorisation des services ou la gestion des effluents par l'ASN…

Une mention spéciale doit être faite à propos de la révision des concepts et des consignes relatives à la radioprotection des patients et de leur entourage, dans le sens d'une rationalisation, d'un recentrage sur le bénéfice risque et d'une uniformisation des pratiques. Et ce grâce à la création et la grande efficacité du GT radioprotection, porté par Gérald Bonardel, qui constitue dorénavant une instance reconnue dans les discussions avec l'ASN, l'IRSN et aussi la SFRP. Dans la même dynamique, rappelons la mise en place d'ateliers de formation à la radioprotection des patients (obligatoire) adaptée à nos besoins et pour laquelle il semble y avoir une perception très positive.

Je n'oublie pas la formation. C'est surtout l'affaire du collège, dont il faut saluer le travail en général et pour la révision de la maquette du DES en particulier, dans le contexte de la réforme du troisième cycle. Mais la SFMN a été associée et a participé à la réflexion, tant il est clair que la formation ne peut pas être pensée indépendamment de l'exercice professionnel auquel elle prépare… Il faut alors se souvenir que nous formons les internes non pas à la médecine nucléaire d'aujourd'hui, mais à celle de demain… demain voulant dire dans 5, 10 ans, ou plus, mais l'évolution est si rapide que nous devons rester adaptatifs et réactifs. Ce qui nous ramène à l'importance pour l'ANAIMEN de s'impliquer.

Avant de conclure, un petit mot enfin pour un immense Monsieur. Je suis probablement le seul à pouvoir estimer à sa juste - non pas valeur, cela chacun a pu l'apprécier – immensité, incommensurabilité, gigantisme, infinitude… de l'époustouflant travail abattu par Gérald Bonardel, secrétaire général sur le papier, mais tellement plus en réalité. Je suis le seul car Gérald est discret et modeste quand il remporte tous les jours des Thermopyles... Rigueur, efficacité, honnêteté, vivacité… et aussi bonne humeur et humour garanti. Je lui dois beaucoup, la SFMN lui doit encore plus. Je m'arrête là, il faudrait un bouquin entier. Et donc…

Et donc bilan positif, légitimant satisfaction, fierté et optimisme. Pour autant, d'autres chantiers s'ouvrent et, si lors de cette passation les grands travaux entrepris sont achevés, si les finances sont bonnes, et si l'état de la maison est somme toute très bon, clairement des actions sont à mener dès maintenant : outre l'implication de nos jeunes collègues qu'il faut favoriser, la restructuration des groupes de travail doit devenir opérationnelle ; le DPC doit être consolidé et étendu ; la fédération entreprise avec succès entre SFMN et ACOMEN devrait pouvoir être élargie aux autres régions ; enfin un énorme chantier est à venir au niveau européen, pour renforcer la présence française à l'EANM, à l'EORTC…

Je suis extrêmement confiant car je sais que Florent, qui travaille avec moi depuis son élection – depuis un an, donc – connaît très bien les dossiers, et ne manque ni d'idées ni d'enthousiasme ; il saura continuer, et surtout innover et ouvrir de nouvelles voies. Il est toujours bon de renouveler, Florent le fera haut la main et avec brio ; il peut bien entendu compter sur moi pour lui apporter toute l'aide nécessaire, mais dorénavant nous avancerons avec un nouveau style et une nouvelle pulsation ; un autre rythme, c'est moins sûr ou alors dans le sens d'une accélération, tant les choses à faire se multiplient. Il faut s'en réjouir, c'est un signe de vitalité.

Au revoir donc, je souhaite à Florent et son équipe un maximum de succès et un minimum de soucis, tout en ayant la conviction qu'il pourra comme moi continuer de s'appuyer sur une société dynamique et active, c'est-à-dire vous tous. C'est pourquoi je terminerai en vous disant à chacun : merci !