SFMN
Société Française de Médecine Nucléaire

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Société Française de Médecine Nucléaire
et Imagerie Moléculaire

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et Imagerie Moléculaire

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Edito Juillet 2013 : post-Rouen

Chers amis, chers collègues,

 Il y a 6 semaines se tenait à Rouen notre 51ème Colloque de Langue Française… Tout le monde s’accorde pour dire que ce colloque a été un succès, tant sur le plan du contenu scientifique que par la fréquentation et l’organisation. Remercions à nouveau les organisateurs et le comité scientifique pour ce succès, et félicitons nous de la bonne santé de notre société.

Je voudrais revenir sur les chantiers qui s’ouvrent ou qui continuent pour l’année à venir. Il faut en effet rester conscient que nous ne tiendrons debout qu’en restant en mouvement… la médecine nucléaire, spécialité reposant sur la physiologie et la physiopathologie, étant obligée d’évoluer en fonction des connaissances dans le domaine, c’est-à-dire très vite et très souvent. 

 

1) L’imagerie « hybride » …

L’imagerie nommée improprement « hybride » (mieux vaut parler d’imagerie scintigraphique couplée à la TDM) est indéniablement un progrès considérable, dans la mesure où elle donne l’opportunité de confronter deux types d’informations, réunissant ainsi deux spécialités très complémentaires. Complémentaires mais aussi bien différentes, non miscibles, et dont la complémentarité est liée au fait que, justement, elles sont séparées !

Il est donc fondamental de maîtriser l’anatomie en coupes, non pas pour faire de la radiologie, mais pour utiliser correctement nos outils et optimiser l’interprétation des examens scintigraphiques. Ce sans perdre de vue que les dits examens scintigraphiques traduisent des processus biologiques et que ceci doit rester l’objectif de notre spécialité, qui doit utiliser l’imagerie anatomique, et non en faire une fin en soi. C’est pourquoi la formation doit s’intéresser à l’interprétation anatomique des coupes TDM, sans en faire un objectif majeur de médecine nucléaire. Le débat qui perdure contre toute logique au niveau européen (Cf dissensions EANM-UEMS/EBNM, encore ravivées lors du meeting de Vienne le 28 juin) est un faux débat, qui n’a pas plus lieu d’être que celui de savoir si, à côté des professions de plombier ou de garagiste, la manipulation d’un tournevis ou d’une clef à molette sont des métiers à part entière.

 Nous devons donc, encore et toujours, recentrer le débat sur l’intérêt de l’approche physiopathologique que permettent les médicaments radiopharmaceutique (MRP), au niveau de la formation puis au niveau clinique et au sein des structures multidisciplinaires : c’est en renforçant les compétences spécifiques de notre spécialité, et en excellant dans le service rendu grâce à nos compétences en physiopathologie, que nous maintiendrons une médecine nucléaire forte et pertinente – non en nous focalisant sur des outils ou des méthodes.

 

2) La démographie de la spécialité

Plus on avance, et plus le constat est évident que nous manquons de médecins nucléaires – la prochaine rencontre avec l’ONDPS nous le confirmera probablement ; c’est pourquoi, s’il faut être prudents quant aux nombres de places aux ECN pour la spécialité, il convient de ne pas trop restreindre le nombre d’internes en formation, sous le prétexte que le marché du travail serait saturé… Car que penser alors de ces Centres Hospitaliers Généraux équipés de 4 gamma-caméras et d’une caméra TEP… qui n’ont qu’un médecin nucléaire, voire plus aucun ! Il nous faut avoir confiance dans les besoins de recrutement de notre spécialité, qui doit compte-tenu de son développement rapide (nouveaux traceurs, nouvelles indications, recherche clinique, développement de la thérapie) non seulement maintenir ses effectifs, mais les accroître. S’il est vrai aussi que des régions entières n'ont plus assez de postes d’AHU, ou de lignes pour ouvrir des postes de PH, ou encore présentent un marché du remplacement saturé, n’inversons pas le problème : plutôt que de diminuer le nombre d'internes en formation, attachons nous à obtenir plus de postes

 

3) Le développement de nouveaux MRP

C’est bien entendu l’élément clef de la pérennisation et du développement de la spécialité, à mettre en relation avec le point n°1…

Ceci revêt plusieurs aspects. Si tout ce qui concerne le statut des MRP, avec toutes les implications administratives que cela entraîne, fait encore débat (ce débat est riche et positif, comme il est apparu lors du Colloque de Rouen, et il est bon qu’il se poursuive), il est clair et tout le monde est d’accord pour cela, qu’il faut d’une manière ou d’une autre œuvrer pour que les molécules soient plus facilement disponibles – en particulier les nouvelles molécules, en trouvant avec les tutelles des solutions pour pallier au caractère de plus en plus « ciblé » (comprendre : « personnalisé ») de ces nouvelles molécules

 

4) La thérapie

Il faut être résolument convaincu que la thérapie (radiothérapie interne vectorisée) est un des leviers essentiels de l’avenir de la médecine nucléaire. Les internes doivent y être formés, les structures doivent être adaptées et des postes dédiés à cette activité qui doit prendre sa place dans le traitement de nombreux cancers ; on retrouve aussi la nécessité de faciliter la mise à disposition des MRP, qui, là ne sont plus des médicaments diagnostiques mais de vrais traitements avec des contraintes réglementaires encore différentes, et un cahier des charges à respecter pour les études cliniques. Les difficultés rencontrées (et non résolues à ce jour) pour les peptides marqués au lutétium ou à l’yttrium, le chlorure de radium, et les anticorps (radioimmunothérapie), alors même que de nombreux arguments plaident pour l’efficacité et le bénéfice apporté aux patients, nous confortent dans la nécessité de plaider ce dossier au niveau des tutelles. Mais il est tout aussi impérieux qu’un investissement fort de notre communauté soit réel et apparent.

 

5) La recherche

Au-delà de la recherche en imagerie nucléaire, qui a pour objectif de montrer l’intérêt de nouveaux traceurs et d’en assurer la promotion, il faut renforcer notre rôle dans les essais cliniques qui font appel (ou qui le devraient !) aux techniques scintigraphiques pour évaluer l’effet d’un traitement, classer les patients, donner des critères de suivi etc.

Ceci passe par la structuration d’un réseau national 

Depuis quelques années nous cherchons à structurer la recherche au sein de la SFMN, et ceci s’appuie largement sur le réseau « SFMNnet » reposant sur les positoscopes et maintenant la plateforme Imagys. Au-delà de notre spécialité, il est maintenant clair que l’imagerie doit exister dans les protocoles de recherche clinique, lorsqu’il s’agit de recherche EN imagerie, mais aussi et surtout (en termes d’enjeux notamment financiers) lorsqu’il s’agit de recherche UTILISANT l’imagerie. 

La SFMN y travaille activement, en s’impliquant dans le Comité de Pilotage de ce réseau en gestation.

 

Je terminerai en disant que ces chantiers, loin de nous décourager, doivent au contraire nous stimuler car ils démontrent que la spécialité a de l’avenir ; mais bien évidement l’ampleur de la tâche démontre sans qu’il soit besoin d’insister que nous avons collectivement besoin de l’implication de chacun et de tous. C’est pourquoi il est si important de structurer les groupes de travail, de renforcer la pyramide de représentation (des centres dans les régions, des régions dans les inter-régions et de ces dernières au niveau national) en renforçant le rôle des élus au CA, de dialoguer avec les tutelles et d’impliquer les jeunes collègues. Cela met aussi en évidence le rôle essentiel dévolu au Conseil National  Professionnel de médecine nucléaire qui associe toutes nos forces SFMN, CEBMN, SNMN et ANAIMEN.

Bons travaux à tous, et bon été.