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Société Française de Médecine Nucléaire

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et Imagerie Moléculaire

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Les mesures de la clairance glomérulaire - I. INFORMATIONS ET DEFINITIONS PREALABLES

I. INFORMATIONS ET DEFINITIONS PREALABLES

 

A. Principe et informations apportées par l'examen

La fonction du rein est multiple: non seulement assurer l'homéostasie mais encore sécréter l'érythropoiétine, assurer l'hydroxylation de la vitamine D,... Il n'est donc pas simple a priori de quantifier la fonction rénale. Il est cependant communément admis que le paramètre le plus représentatif de cette fonction est le débit de formation d'urine primitive ou débit de filtration glomérulaire (DFG)[1]
On assimilera donc DFG et fonction rénale. Un autre paramètre de débit rénal
est parfois aussi mesuré: le flux plasmatique rénal (FPR) ; toutefois, ce dernier a une grande variation physiologique, à la fois inter- et intra-individuelle ; il correspond davantage à un paramètre d'entrée qu'à une mesure de fonction.
Le DFG est mesuré par technique de clairance plasmatique ou urinaire. Le traceur endogène utilisé en première intention, la créatinine, donne des résultats extrêmement imprécis et ne permet pas de détecter une insuffisance rénale débutante. Le traceur de référence historique, l'inuline, n'est plus disponible en France pour l'utilisation chez l'Homme in vivo (un polysaccharide équivalent INUTEST® dispose d'une AMM). Les clairances glomérulaires isotopiques sont donc devenues de facto la technique de référence pour une mesure précise de la fonction rénale. L'alternative des produits de contraste iodés (tels que l'iohexol) n'est pas sans inconvénient en raison de la possibilité d'effets secondaires et de la nécessité de recours à l'HPLC pour obtenir des mesures fiables.
Il faut noter qu'en l'état actuel de la technique, les mesures purement scintigraphiques sont encore moins précises que les techniques utilisant la créatininémie. Elles ne doivent donc pas être utilisées pour mesurer la fonction absolue

 

B. Radiopharmaceutiques utilisés

Deux radiopharmaceutiques sont excrétés par filtration glomérulaire quasi-exclusive: l'éthylènediamine-tétracétate marqué au chrome-51 (51Cr-EDTA) et le diéthylène-triamine-pentacétate marqué au technétium-99m (99mTc-DTPA).

 

C. Techniques de mesure de la clairance

Pour mesurer la filtration du traceur, on peut soit mesurer sa disparition du plasma (clairance plasmatique) soit mesurer son apparition dans l'urine (clairance urinaire).
Les techniques de clairance plasmatique sont fondées sur l'hypothèse que le traceur n'est éliminé que par le rein. Cette hypothèse, très raisonnable lorsque la fonction est normale ou modérément altérée, devient discutable en cas d'insuffisance rénale avancée (où la faible clairance extra-rénale – de l'ordre de 5 ml·min–1 – n'est plus négligeable devant la filtration). Leur justesse est donc imparfaite mais elles sont en revanche précises.
Les techniques de clairance urinaire n'ont pas ce biais. Toutefois, dans la pratique, un recueil urinaire est toujours soumis à d'importantes fluctuations. Les techniques de clairance urinaire sont donc justes mais manquent de précision.
Pour les clairances plasmatiques comme pour les clairances urinaires, l'injection peut se faire soit en intraveineuse directe en embole (« IV unique ») soit en perfusion à débit constant.
Toutes ces techniques fournissent des résultats d'une grande précision et d'une grande justesse à condition de respecter scrupuleusement des modes opératoires adaptés.