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Société Française de Médecine Nucléaire

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Société Française de Médecine Nucléaire
et Imagerie Moléculaire

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Prix Yves Bizais (2015)

Tout cela à cause d’une scintigraphie au gallium…

A. Jaillard,
Médecine nucléaire, hôpital Huriez, CHU de Lille, Lille, France

Histoire clinique

Six mois après don d’un de ses reins à sa nièce, un patient de 67 ans est adressé pour scintigraphie rénale au citrate de gallium 67, du fait d’une discrète altération de la fonction rénale s’accompagnant d’une hématurie microscopique et d’une protéinurie. La scintigraphie est normale au niveau du rein restant (absence d’argument pour une atteinte immuno-allergique), mais l’image du corps entier révèle une hyperfixation thoracique intense en rapport avec une masse lobaire moyenne et des adénopathies médiastino-hilaires (en tomoscintigraphie couplée à la TDM), ce qui permet de découvrir un carcinome neuro-endocrine à petites cellules. Une TEP au FDG est réalisée chez la nièce ayant reçu son rein, âgée de 39 ans, asymptomatique mais sous immunosuppresseurs, afin de s’assurer de l’absence de transmission de cellules tumorales. L’examen met en évidence une fixation intense du greffon rénal et des foyers de fixation nets ganglionnaires abdominaux, deux localisations hépatiques, deux hyperfixations pulmonaires et une osseuse. Devant cet aspect, le greffon rénal est retiré et les immunosuppresseurs arrêtés. L’anatomopathologie du rein confirme la présence de multiples nodules infiltrants d’un carcinome à petites cellules. Une 2e TEP au FDG est réalisée à 15 jours pour juger de l’évolution spontanée des autres localisations après arrêt des immunosuppresseurs. Celle-ci montre une progression des lésions en nombre, taille et intensité. Une chimiothérapie est alors débutée (3 cures de cisplatine étoposide). Une TEP au FDG après deux cures de chimiothérapie montre une réponse métabolique complète, confirmée 3 mois plus tard par une dernière TEP au FDG.

Conclusions

Bien que généralement considéré comme complètement dépassé, le citrate de gallium 67 peut encore révéler des surprises (ici chez l’oncle). Le FDG, nettement mieux considéré, confirme dans une situation ici très exceptionnelle de transmission de cellules tumorales (chez la nièce), son intérêt dans le dépistage, la décision de traitement et l’évaluation thérapeutique.

 

Téléchargements :

  Journal de Médecine Nuclaire

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