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Société Française de Médecine Nucléaire

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et Imagerie Moléculaire

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La scintigraphie de vidange gastrique - IV. REALISATION DE L'EXAMEN

IV. REALISATION DE L'EXAMEN

 

4.1 Informations souhaitables pour un examen de qualité

Lors de la prise du rendez-vous:

  • rechercher une contre-indication à l'examen;
  • demander si le patient est diabétique;
  • vérifier l'absence d'autre scintigraphie programmée dans les jours précédents (délai de 48 heures minimum entre deux scintigraphies au 99mTc);
  • s'informer du traitement suivi par le patient, les médicaments susceptibles de modifier la vidange de l'estomac devant être arrêtés au moins 48 heures avant l'examen (cf § interactions médicamenteuses).

4.2. Information et préparation du patient

 

Information

Lors de la prise du rendez-vous, préciser au patient:

  • le début de l'examen à 8 heures du matin après une nuit de jeûne (depuis la veille au soir);
  • l'arrêt 48 heures avant l'examen des traitements risquant d'interférer avec la vidange gastrique (cf § interactions médicamenteuses)
  • la durée approximative de 3 heures de l'examen;
  • son caractère non invasif, ne comportant pas d'injection;
  • la composition du repas dont l'œuf et le jambon.

 

Le matin de l'examen, préciser au patient:

  • la nécessité d'ingérer le repas selon un protocole bien établi;
  • la nécessité de garder la même position debout ou assise (stable et confortable) durant toutes les images;
  • la durée d'examen dépendante de la vitesse de vidange avec un minimum de 3 heures;
  • l'interdiction de boire et/ou manger ainsi que de fumer durant tout l'examen;
  • si possible, ne pas s'allonger entre les acquisitions (le décubitus ralentissant la vidange gastrique).
    La transmission ultérieure des résultats au médecin prescripteur car leur interprétation nécessite un traitement d'images.

 

Préparation du patient

  • réalisation de tous les examens le matin (variations nycthémérales);
  • repas identique pour tous les patients (et témoins);
  • même position debout ou assise pour toutes les acquisitions d'un même examen (jamais couchée);
  • pose d'électrodes thoraciques pour le repérage des images;
  • pour les diabétiques, surveillance de la glycémie avant et après la prise du repas;
  • pour les patients diabétiques ambulatoires chez qui le jeûne est à l'origine d'hypoglycémie.

Discuter la réalisation de l'examen après mise en place d'une perfusion (hospitalisation éventuelle).

 

4.3. Précautions

Effets secondaires possibles:

  • allergie au repas;
  • risques liés au jeûne chez le diabétique;

 

Interférences médicamenteuses possibles à rechercher par l'interrogatoire et l'examen du dossier:

  • erythromycine;
  • métoclopramide (et famille des benzamides);
  • dompéridone (et famille des butyrophénones);
  • métopimazine (et famille des phénothiazines);
  • antihistaminiques H2;
  • inhibiteurs de la pompe à protons;
  • morphiniques.

 

4.4. Le radiopharmaceutique

Il est possible d'effectuer un radio-marquage de la phase solide seule ou un marquage séparé des deux phases solide et liquide du repas. L'examen de la phase liquide seule manque de sensibilité et n'est pas conseillé.

Le protocole de consensus américain publié en 2008 propose de ne marquer en routine clinique que la phase solide seule, et de réserver le double marquage pour les cas particuliers, notamment après chirurgie gastrique (dumping syndrome...). Nous conseillons également le double marquage dans l'étude des gastroparésies diabétiques.

A. Caractéristiques physiques des radionucléides utilisés

1. Traceur de la phase solide

C'est le technétium 99m43Tc, radionucléide produit par un générateur molybdène-technétium. (Le molybdène 9942Mo, élément père, décroit par émission ß- vers le 99m43Tc et le 9943Tc avec une période physique de 65,94 heures).
La période physique du 99m43Tc est de 6 heures. Il décroit par émission γ (raie unique à 140 keV) vers le 9943Tc (99,9963%) (considéré comme stable, période physique égale à 0,211 106 années) et vers le ruthénium 99Ru stable (0,0037%).

2. Traceur de la phase liquide
C'est l'indium 11149In, qui décroit avec une période physique de 2,81 jours par capture électronique et émission γ vers le cadmium 11148Cd.

Radionucléide Période Energie photons γ (keV)
99mTc 6 heures 140 (99,9%)
111In 2,81 jours

173 (90%)
247 (9%)

Tableau 1: Caractéristiques physiques des radionucléides de la scintigraphie de la vidange gastrique.

 

B. Caractéristiques des molécules vectrices utilisées

La fixation des radioéléments doit rester stable tout au long de la vidange pour permettre une étude séparée des phases solide et liquide du repas. Par exemple, un marquage non stable de la phase solide conduira à surévaluer le temps de vidange des solides (faussement plus rapide car la partie non liée transitera avec les liquides).

Les traceurs utilisés ne doivent pas être absorbables, ils doivent marquer exclusivement la phase liquide ou solide du repas; le marqueur de la phase solide ne doit marquer ni la phase liquide du repas, ni le suc gastrique:

  • Le phytate est le plus utilisé pour marquer la phase solide:
    • le plus souvent fixation à l'albumine après séparation du blanc et du jaune d'un œuf (la viande de bœuf ou le foie de poulet sont plus rarement proposés);
    • la cuisson du repas provoque une modification de la conformation de l'albumine autour des molécules de phytate. Le phytate est piégé au sein d'une "cage" moléculaire d'albumine;
  • Les liquides sont marqués par l'intermédiaire du DTPA qui est hydrophile. L'111In-DTPA est dilué dans un petit volume de sérum physiologique et mélangé:
    • à un verre d'eau le plus souvent;
    • plus rarement à un verre de jus d'orange ou à un verre de lait.

 

C. Préparation du radiopharmaceutique

Cette préparation ne s'applique que pour le technétium avec le phytate, l'indium 111 étant directement livré sous la forme du complexe 111In-DTPA que l'on ne modifiera pas.

1. Préparation de la trousse de phytates:

  • placer le flacon de phytates dans une protection blindée, ôter l'opercule et désinfecter le bouchon.
    Dans la hotte blindée, à l'aide d'une seringue de 5mL, prélever au maximum 1000 MBq dans un volume de 5 mL d'un éluat stérile de pertechnétate de sodium [99mTc] (à partir d'un générateur de technétium [99mTc] dont la précédente élution date de moins de 24 heures);
  • transférer la solution de pertechnétate de sodium [99mTc] dans le flacon de phytates;
  • ne pas utiliser d'aiguille de mise à l'air car le contenu du flacon est sous azote; après introduction du volume de pertechnétate de sodium, prélever, sans retirer l'aiguille du bouchon, un volume équivalent de gaz (azote) afin d'éviter toute surpression dans le flacon;
  • agiter pendant 2 minutes environ;
  • mesurer l'activité totale du flacon et l'étiqueter.

 

2. Contrôle de qualité par CCM de la suspension de phytates:

  • Migration et séparation des espèces chimiques
    • déposer à 1 cm du bord inférieur d'une bandelette CCM type Whatmann 1 ou équivalent une goutte de la préparation et laisser sécher le dépôt à l'air libre;
    • placer la bandelette dans la cuve chromatographique;
    • laisser migrer la phase mobile (méthanol/eau; 80/20) jusqu'à 0,5 cm du bord supérieur de la bandelette;
    • laisser sécher la bandelette.
  • Lecture des bandelettes de CCM:
    • déterminer la distribution de la radioactivité le long du chromatogramme à l'aide d'un détecteur approprié;
    • identifier chaque tache radioactive par le Rf, celui du phytate de 99mTc étant égal à 0 et celui de l'ion pertechnétate (99mTc libre) étant égal à 0,6.
  • Expression des résultats:
    • le calcul de la pureté radiochimique (PRC) est effectué selon la formule:
      • PRC (%) = (Phytate de 99mTc / (Phytate de 99mTc + 99mTc libre))x100
        La PRC doit être au moins égal à 95%;

 

3. Conservation et stabilité:

Le flacon doit être conservé dans sa protection de plomb, à une température comprise entre +2°C et +8°C.
La suspension ainsi préparée doit être utilisée dans un délai de 6 heures. et la suspension doit être agitée avant chaque prélèvement.

 

4. Préparation de la seringue de phytates:

  • la suspension doit être agitée avant chaque prélèvement;
  • désinfecter le bouchon du flacon de phytates;
  • prélever à l'aide d'une seringue une activité de 37 à 55 MBq de phytates technétiés qsp 1 mL de sérum physiologique si nécessaire.

 

4. Préparation de l'omelette pour les repas à base d'œuf:

  • casser un œuf frais dans un bol en prenant soin de bien séparer le blanc du jaune;
  • piquer la surface du blanc d'œuf par une vingtaine de points d'injection avec la seringue de phytates de 99mTc;
  • battre l'œuf (jaune et blanc) pendant une minute et faire cuire l'omelette avec par exemple 1/3 d'une plaquette de beurre de 10g (le reste de la plaquette est utilisé pour tartiner les biscottes);
    • l'omelette doit être bien cuite ("dure" non baveuse) pour assurer une bonne stabilité du marquage albumine-phytates de 9mTc;
    • la quantité de graisses utilisées pour faire cuire l'omelette peut influencer notablement le temps de vidange: il faut utiliser la même quantité de matière grasse pour chaque repas, d'où l'intérêt d'utiliser une plaque de beurre de 10g pour la reproductibilité.

 

5. Préparation des repères cutanés:

  • préparer dans une seringue de 2 mL 20 MBq de pertechnétate ([99mTc]TcO4-) qsp 2mL de sérum physiologique;
  • utiliser une aiguille 18G et le biseau toujours positionné de la même façon pour que les gouttes aient un volume constant d'un examen à l'autre;
  • disposer les repères (électrodes par exemple) sur un plateau en carton et déposer dessus une goutte de [99mTc]TcO4-;
  • éviter le contact direct entre la peau et la partie du repère sur laquelle a été déposée la goutte de pertechnétate. (par exemple, remettre en place la protection de chaque électrode).
  • on vérifiera sous la caméra que les électrodes sont visibles (signal ni trop faible ni trop intense) avant de les positionner sur le patient.

 

E. Activité administrée, mode d'administration et données dosimétriques

Activité administrée et mode d'administration

  • 5,5 à 9,25 MBq d'111In-DTPA dans une seringue de 2mL de sérum physiologique, mélangés par la suite à un verre d'eau le plus souvent (100 mL);
  • 37 à 55 MBq de phytates de 99mTc avec l'omelette;
    • ∆ Le rapport d'environ 1 à 5 entre l'activité d'indium et celle de technétium vise à limiter la contribution du front Compton de l'indium dans la fenêtre du pic photo-électrique du technétium.

Dosimétrie

L'activité administrée variant sensiblement d'un centre de Médecine Nucléaire à un autre, les données dosimétriques sont exprimées en mSv/MBq.

Isotopes Dose efficace mSv/MBq Equivalent de dose/organe critique
mSv/MBq
99mTc-œuf 0,024 0,12 *
111In-DTPA 0,31 2,16**

*organe critique = colon
**organe critique = sigmoïde

Tableau 2: Dosimétrie de la vidange gastrique. Pour un repas radiomarqué avec 7,4 MBq d'indium 111 et 37 MBq de technétium 99m, la dose efficace est de 3,1 mSv

 

4.5. Interventions

Type d'intervention: Des tests pharmacologiques avec le métoclopramide ou d'autres drogues prokinétiques (érythromycine IV notamment) peuvent être proposés comme tests pré-thérapeutiques.
Surveillance et mesures de sécurité: ces tests ne réclament pas de surveillance spécifique.

 

4.6. Acquisition des images

Contrôle de qualité des gamma-caméras

  • Caméra si possible double-détecteur équipée d'un collimateur parallèle moyenne énergie usage général dans le cas d'une vidange isotopique mixte solides-liquides ou d'un collimateur basse énergie dans le cas d'une exploration isolée de la phase des solides;
  • Pour le réglage spectrométrique de l'indium et du technétium réalisé dans le cadre des opérations de calibrage du (des) détecteurs, contrôle de l'uniformité de réponse sur le champ de vue de chaque gamma-caméra et de la position des pics d'absorption totale sur les fenêtres en énergie de l'indium et du technétium:
Radionucléides Pics d'émission Fenêtres (%) Fenêtres (keV)
99mTc 140 keV ±10% 126-154 keV
111In 173 keV ±10% 155-189 keV
  247 keV ±10% 221-271 keV

Tableau 3: Fenêtres spectrométriques recommandées pour l'acquisition en double isotope. Un réglage différent peut être préconisé par le fournisseur de gamma-caméras, notamment une fenêtre en énergie de ±7,5% sur les systèmes de dernière génération. Dans ce cas, tous les examens doivent être réalisés avec les mêmes paramètres

 

Séquences d'imagerie

  • faire démarrer le chronomètre au début du repas;
  • début des acquisitions 10 minutes après le début du repas:
    • le repas doit être pris idéalement en 6 minutes;
    • le verre d'eau radiomarquée est alors donné en fin de repas à la 6ème minute;
    • l'indium doit être rajouté au dernier moment dans le verre d'eau (évite les contaminations quand le verre est malheureusement renversé);
    • le verre doit être en verre et non en plastique pour que l'indium ne s'adsorbe pas sur la paroi.
  • Fréquence des acquisitions images:
    • protocole court (consensus américain): une acquisition toutes les heures jusqu'à 3 à 4 heures;
    • c'est le protocole à mettre en place en routine clinique;
    • protocole long: toutes les 10 minutes la première heure puis toutes les quinze à 20 minutes par la suite. C'est l'ancien protocole, et il peut être utile lorsqu'on désire une étude plus détaillée du processus de vidange (calcul de la lag phase...), lors d'étude clinique lorsque la vidange sert de gold standard...
    • arrêt des acquisitions quand au moins 2/3 de l'activité gastrique initiale a quitté l'estomac;
    • la durée moyenne de l'examen est de 3 heures (2 à 4 heures).

 

Acquisition

  • Le grand axe de la gamma-caméra est utilisé comme axe vertical:
    • l'apophyse xiphoïde correspond au cardia et sera centrée une dizaine de centimètres au dessous du bord supérieur du champ de vue de la caméra;
    • on ne risque pas ainsi d'exclure une partie de l'estomac, l'antre en particulier qui n'est pas toujours visible lors des premières acquisitions;
    • le tiers inférieur de l'œsophage est inclus dans le champ ce qui permet de mettre en évidence d'éventuel(s) reflux gastro-œsophagien(s);
    • de plus, l'utilisation d'un grand champ permet l'acquisition de toute l'activité intestinale (grêle et colique).
  • Images planaires d'une minute en 128*128 (possible aussi en 64*64):
    • un format supérieur n'est ni souhaitable (taille des fichiers), ni utile (quantification essentiellement);
    • le zoom est en général à éviter pour ne pas couper une partie de l'activité gastrique, et si on désire acquérir toute l'activité intestinale afin d'exprimer les pourcentages de rétention gastrique comme une proportion de l'activité abdominale (cf traitement des images)
  • Double incidence antérieure et postérieure pour chaque point de mesure.
  • Double isotope pour les vidanges mixtes solides-liquides (cf § contrôles de qualité).
  • Patient debout ou assis mais dans la même position pour toutes les acquisitions de l'examen.
  • Le repositionnement devant la gamma-caméra est contrôlé par les repères cutanés (2 électrodes antérieures et postérieures)(cf § préparation des électrodes).
    • attention à ne pas superposer une électrode avec l'activité gastrique et intestinale;
    • le repérage de la position des pieds au sol peut également être utile.
  • En fin d'examen, le médecin nucléaire ayant vérifié la cohérence de la série d'incidences pour le calcul des temps de vidange, les électrodes sont retirées en vérifiant l'intégrité de la protection et l'absence de contamination cutanée.


4.7. Traitement des images

Un soin particulier doit être apporté à la réorganisation manuelle des fichiers images (antérieurs technétium et indium, postérieurs technétium et indium dans le cas d'une vidange solides-liquides) ou à la vérification d'une réorganisation automatique. A ce titre, il est conseillé de revisualiser les images de chaque fichier une à une ou en mode ciné.

1. Tracé des régions d'intérêt (RDI) gastriques:

  • le tracé des RDI doit s'attacher à bien délimiter l'antre de l'intestin. En revanche, le tracé peut être plus "lâche" autour du reste de l'estomac;
  • construction d'images sommes pour chaque fichier;
  • tracé d'une RDI antérieure et d'une RDI postérieure de préférence sur les images sommes indium (la vidange liquide étant plus rapide que la vidange solide, l'image somme indium prend en compte les différents contours de l'estomac du début jusqu'à la fin du processus de vidange)
  • enregistrer et réappliquer ces RDI sur les séries technétium;
  • revisualiser et repositionner les RDI sur les images qui le nécessitent,
  • les données expérimentales brutes correspondent à l'activité gastrique à l'intérieur des RDI pour chaque image.

 

2. Les Corrections (dans l'ordre de mise en œuvre) vont permettre d'élaborer des courbes d'activité temporelle (TAC) à partir des données expérimentales brutes tirées des RDIs. Les corrections sont à mettre en œuvre dans l'ordre suivant: 

  • si double-marquage: Correction de la contamination des photons de l'indium dans la fenêtre spectrométrique du technétium": le facteur de correction antérieur (FCa) est légèrement supérieur au facteur postérieur (FCp) (étude sur fantômes ; FCa = 0,44 et FCp = 0,37 pour des fenêtres en énergie de ±10% et rapport d'activité précité). Ainsi 44% des coups de l'indium participent au pic du technétium en incidence antérieure, et 37% en postérieure. On corrige ainsi les courbes technétium en soustrayant 44% et 37% des coups de l'indium au nombre total de coups en technétium, respectivement en incidence antérieure et en incidence postérieure.
    Si le rapport de 1 à 4 ou 5 est respecté entre les activités d'indium et de technétium, le nombre de coups indium qui contribue à former le pic du technétium reste finalement faible (en incidence antérieure, 44% de 20 à 25% de l'activité technétiée représente une contribution de l'ordre de l'ordre de 10%)
    • NTc = NTc-Tc + NIn-Tc et NIn = NIn-In
    • NIn-Tc = FC * NIn-In
    • NTc-Tc = NTc - (FC * NIn-In)
    • en face antérieure NTc-Tc = NTc - (0,44 * NIn-In)
    • en face postérieure NTc-Tc = NTc - (0,37 * NIn-In)
  • correction de décroissance sur les courbes technétium (l'absence de correction conduit à une sous-estimation des temps de la vidange des solides)
    • NTc-Tc-correction-décroissance = N0 = Nt exp+(0,693t/360)
  • correction de profondeur par la moyenne géométrique des courbes antérieure et postérieure, pour le technétium et pour l'indium. On passe ainsi de 4 a 2 séries de données (solides et liquides)
    • Nmoyenne-géométrique = √(Nant * Npost)

Normalisation des deux courbes résultantes par l'activité maximale de chaque série technétium et indium. Préférer une normalisation par rapport à l'activité maximale plutôt que par rapport à l'activité de la première acquisition:

  • l'activité maximale n'est pas obligatoirement celle de la première acquisition en raison des phénomènes de déplacements postéro-antérieurs et surtout d'auto-atténuation du repas par lui-même quand il est "concentré" dans le fundus;
  • cette erreur peut conduire à obtenir des taux de rétention supérieur à 100% avec comme conséquence un allongement parfois important du temps de vidange.



3. Ajustement des courbes par un modèle

  • Il n'existe pas de consensus sur la nécessité de modéliser les TACs ou non.
  • Si on choisit de ne pas les modéliser, on utilisera le taux de rétention à 2 heures et/ou à 3 heures pour "quantifier" la vidange gastrique. Très facile à mettre en œuvre et à utiliser, cette façon de procéder expose à un inconvénient majeur qui est que la qualité de l'évaluation ne repose que sur le seul point de mesure à 2 et/ou 3 heures. Une seule erreur de mesure peut ainsi affecter directement le diagnostic et la reproductibilité du test
  • Quelque soit le protocole d'acquisition, nous conseillons d'ajuster les courbes des moyennes géométriques par un modèle mathématique afin de calculer des paramètres de vidange qui tiennent compte de tous les points acquis:
    • Cela permet en outre de calculer d'autres paramètres de la vidange tel que le temps de demi-vidange qui est un des paramètres le mieux documenté dans la littérature.
    • Le temps t = 0 correspond au début de la première acquisition et non au début du repas.
    • Le modèle mathématique doit comporter au plus deux paramètres et bien décrire les courbes ("être physiologique").
    • La vidange des liquides est de type exponentiel.
    • Chez le sujet normal et dans les cas pathologiques où le reflexe prandial est conservé, la vidange des solides est bi-phasique, avec une phase de latence initiale (lag phase) de vitesse de vidange quasi-nulle (phase de broyage et de mélange des aliments solides avec les sucs gastriques) suivie d'une phase de vidange proprement dite (encore appelée vidange à taux constant).
    • Les fonctions puissance-exponentielles décrivent bien les différents aspects des vidanges liquides et solides. Les deux modèles mathématiques les plus utilisés sont celui d'Elashoff J. et al et de Siegel J. et al.  et donnent des résultats équivalents:
      • e(t) = 2(-t/T)α  Elashoff J. et al.
      • s(t) = 1 - (1 - ekt)β   Siegel J. et al.
    • L'ajustement du modèle aux données expérimentales doit être réalisé par une méthode non linéaire des moindres carrés.

 

4. Calcul des paramètres de la vidange

Ils sont dérivés des paramètres de la fonction mathématique après ajustement. Les principaux paramètres de la vidange sont:

  • le temps de demi-vidange;
  • le pourcentage de rétention intra-gastrique à 120 minutes (il est alors déduit de la courbe modélisée, et tient compte de l'ensemble des points acquis);
  • les temps de lag phase et de vidange à taux constant des solides.

 

4.8. Interprétation des images

1. Qualitatif visuel

La revisualisation des images une à une ou en mode ciné permet:

  • de mettre en évidence d'éventuel(s) reflux gastro-œsophagien(s);
  • de s'assurer que la RDI n'inclut pas des régions intestinales (et/ou une électrode cutanée) et que tout l'estomac est bien inclus dans la RDI sur chaque image

2 . Quantitatif

Les paramètres de la vidange sont comparés aux normes établies chez des témoins.

  • Cette comparaison permet de définir des retards de vidange et/ou de vidange accélérée.
  • Les éventuelles anomalies des paramètres de la vidange sont également à interpréter en fonction:
    • des examens antérieurs;
    • des éventuelles prises médicamenteuses;
    • des antécédents de chirurgie gastrique.

 

4.9. Artefacts et sources d'erreurs

  • patient non à jeun (allongement du temps de vidange);
  • repas pris incomplètement (raccourcissement du temps de vidange):
    • mieux vaut prolonger la prise du repas jusqu'à la 10ème minute que de l'interrompre à la fin de la 6ème minute si la patient n'a pas terminé.
    • chez certains patients, il peut être nécessaire d'allonger encore la durée du repas afin qu'il soit complètement ingéré:
      • il faut alors corriger les courbes si la première acquisition est faite après la 10ème minute après le début du repas.
      • t0 = 0 + tretard avec tretard = tpremière-acquisition - 10
      • ex: si tpremière-acquisition = 15 min. après le débute de repas alors tretard = t0 = 5 min.
  • repas non adapté aux habitudes alimentaires du patient et responsable de dégoût (et notamment de nausées avec l'omelette entrainant un allongement du temps de vidange);
  • vomissements après la prise du repas ou pendant le cours de l'examen (résultats ininterprétables).
  • mauvais marquage de la phase solide (raccourcissement du temps de vidange des solides, dont une partie transite avec les liquides nécessitant de refaire un marquage si le rendement de marquage est inférieur à 92% sur deux contrôles);
  • reflux gastro-œsophagien (allongement du temps de vidange);
  • superposition d'anses intestinales ou d'électrodes aux RDIs gastriques (allongement du temps de vidange);
  • ajustement des courbes par rapport au début du repas et non par rapport à la première acquisition. L'erreur de mesure résultante est un allongement de 10 minutes du temps de vidange;
  • changement de l'intervalle entre les acquisitions sans changement correspondant sur l'axe des temps des courbes ajustées par le modèle mathématique.

 

4.10. Le compte-rendu de l'examen

L'arrêté du 22 septembre 2006 impose de faire apparaître dans le compte rendu de l'acte, établi par le médecin réalisateur, les informations justifiant l'acte, les procédures et les opérations réalisées ainsi que les informations utiles à l'estimation de la dose.

Selon cet arrêté, le compte rendu d'acte doit mentionner, en plus de l'identification du patient et du médecin réalisateur, de la date de la réalisation de l'acte et des éléments de justification:

  • la procédure optimisée utilisée;
  • les éléments d'identification du matériel;
  • les informations utiles à l'estimation de la dose reçue, soit:
    • le nom du ou des radiopharmaceutiques;
    • le ou les radionucléides utilisés (inclus dans le radiopharmaceutique);
    • l'activité administrée;
    • le mode d'administration;
    • en cas de couplage avec un système d'imagerie à rayons X (ou scanographie), le Produit Dose Longueur (PDL), s'il est accessible ou à défaut les éléments disponibles parmi les suivants: la longueur examinée, l'Indice de Dose Scanographique (IDS), l'Indice de Dose Scanographique volumique (IDSv).

Le compte rendu et tous les autres documents (courbes, images...) doivent comporter obligatoirement:

  • le nom du patient;
  • la date de l'examen.

Le compte rendu doit comporter des informations sur le service de Médecine Nucléaire, le nom du médecin nucléaire et celui du clinicien prescripteur (ou du service).

Il est conseillé de rappeler brièvement l'indication de l'examen.

Le type de repas et l'activité ingérée en MBq, le numéro de lot du radiopharmaceutique, le protocole d'imagerie, le type de modèle mathématique et la méthode d'ajustement doivent être précisés dans un paragraphe "technique d'examen" du compte rendu.

Les résultats de l'examen doivent être colligés dans un paragraphe "résultats" du compte rendu sous la forme de valeurs (et unités) des paramètres de la vidange comparées aux normes (intervalle de confiance à 95%).

Il est utile de présenter les courbes expérimentales des moyennes géométriques normalisées par l'activité maximale pour les solides et les liquides:

  • avec leur ajustement mathématique;
  • et/ou avec une représentation de l'intervalle de confiance de normalité.

Il est également conseillé de rendre des images:

  • des séries dynamiques avec les RDI;
  • ou des images sommes avec les RDI.

Le compte rendu doit comporter obligatoirement une conclusion et la signature du médecin nucléaire.

 

 

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